14 Octobre 2007.
- Pauliiiine ! Comme je suis contente de te voir !
- Ma petite Grenouille adoré ! Comment ça va aujourd'hui ?
- J'ai un prénom Pau'. Ca va, j'ai treize ans ^^. Papa et Maman ne sont pas avec toi ?
- Bien sûr Evy, je sais que tu as un prénom. Ils sont dans le bureau du médecin, ils arrivent.
- Dis, tu crois que je pourrais sortir un jour ? J'en ai marre d'être là ! Tous les autres sortent et vont à des concerts, et moi, je suis clouée dans un lit d'hôpital à cause de mes cordes vocales...
- Je comprends que ce ne soit pas facile. Deux ans que tu es ici... Mais les médecins trouveront bien une solution. Ils ont juste besoin de ...
- Bon Anniversaire !!!
- Maman ! Papa !
Les parents arrivent dans la petite chambre d'hôpital, avec des cadeaux pour ma s½ur. Un sourire se dessine sur son visage rien que de voir les papiers cadeaux colorés. Elle les embrasse tendrement, puis se recule violemment. Elle tousse à cracher ses poumons... J'en ai mal au c½ur. Si seulement, ce cancer... Je préfèrerai que c'eut été la mucoviscidose. Aucune greffe n'est possible malheureusement.
Je regarde ma s½ur ouvrir ses cadeaux. C'est vrai... Ce ne sont pas des cadeaux énormes. Elle est déçue mais tente de le cacher. Sans doute aurait-elle préféré de plus gros cadeaux, comme un ordinateur, une télé, une console ou une chaîne hi-fi... On ne peut pas, les hôpitaux sont très réglementés. Donc, ce sont encore des vêtements et des bijoux pour cette année.
Une infirmière arrive. Elle salue mes parents et moi-même avant de s'approcher d'Evy.
- Bonjour Evy. Ca va ?
- Oui ^^
- Je sais que c'est ton anniversaire aujourd'hui alors je t'ai apporté un petit quelque chose...
- Ah bon ? C'est quoi ?
- Curieuse !
Elle lui tend un tout petit paquet. Ma s½ur l'ouvre doucement et en sort un drôle d'objet. Elle regarde l'infirmière perplexe. L'infirmière sourit.
- C'est un pendule. Mais il n'est pas ordinaire. Il indique l'endroit où se trouve la personne que tu voudrais voir.
- Hum... Merci.
- Voilà. Bonne journée Mademoiselle ^^
- A vous aussi =).
Elle s'en va. Evy regarde le pendule puis fini par le poser sur la table de nuit. Puis, elle nous regarde. Son visage porte une horrible grimace. Elle va craquer... Cinq secondes plus tard, de grosses larmes coulent sur ses joues. Maman va s'asseoir au bord de son lit pour lui faire un câlin et la consoler.
- Ils sont tous fous... J'veux partiiiiiiiiiiir d'ici.
- Evy, ma chérie... Les médecins vont trouver, c'est promis.
- Et puis nous sommes là, nous. ajoute Papa
Elle sèche ses larmes. C'est dur pour elle, tous ses amis l'ont laissé tomber quand elle est rentrée ici en 2005. Ils avaient d'autres occupations que de venir voir leur camarade de classe à l'hôpital. Sauf peut-être Judith qui venait la voir tous les Mercredis. Au moins, elles passaient un petit moment ensemble, mais Judith et sa famille ont déménagés en Angleterre alors maintenant... Les seules visites que reçoit ma s½ur sont les différents membres de la famille. C'est d'un ennui pour elle...
- Pauline, tu veux bien accompagner ta s½ur prendre l'air ?
- Oui tout de suite.
Evy m'adresse un sourire franc et se lève. J'ouvre la porte de cette chambre et nous sortons. Je referme la porte derrière nous et nous nous dirigeons tranquillement dans le petit parc de l'hôpital.
- Ils auraient mieux fait de dire qu'ils voulaient parler seuls à seuls...
- Tu connais Maman, tu sais qu'elle fait toujours ça.
- Moui. Mais... Je n'sais pas, ça m'énerve...
- Tu as tes raisons Evy. Mais parlons d'autre chose, tu veux bien ?
- Oui, il vaut mieux.
S'en suit alors un interminable silence jusqu'aux portes automatiques de l'hôpital... Evy se dirige vers un petit banc en bois, puis elle s'assoit sur le dossier de celui-ci. Je m'installe à côté d'elle. Ni moi, ni elle ne parlons. Ma petite Grenouille regarde le vieux bâtiment, un peu pensive. Je crois qu'elle ne s'y fera jamais, et quand je la vois, si combative et courageuse, je me dis qu'elle ne mérite pas sa place ici, dans cette prison... Mais personne ici, n'a choisi son lit, ni la durée du séjour... C'est comme ça que je me rends compte de l'Injustice de la Vie. Evy me lance un regard complice comme elle sait si bien le faire et me fait quelques chatouilles. J'explose littéralement de rire puis, elle s'arrête. Je crois que c'était sa manière de me faire comprendre de commencer une conversation.
- Toujours aussi chipie à ce que je vois...
- Toujours. Dis-moi, est-ce que tu crois que j'aurais le temps de réaliser tous mes rêves ?
- Bien sûr Evy ! Tu parles comme si tu allais mourir demain... Certes, tu es malade mais n'exagère pas ! Oui, tes rêves tu les réaliseras. Comme une ado de treize ans en somme.
- Mais j'en ai tellement !
- Choisir c'est renoncer. Et puis tu as toute la vie devant toi.
- Pauline... S'il te plaît, ne te fiche pas de moi.
- Mais je ne me fiche pas de toi ! On en a déjà parlé p'tite s½ur et tu le sais très bien.
Je me rends compte que mes dernières paroles sont sans doute un peu trop dures pour Evy alors je tente de rectifier le tir.
- Oh, et puis tu sais... L'important n'est pas tant que ta vie soit différente des autres dans le sens où tu es plus fragile que certains, l'important c'est que tu vives ta vie pleinement.
- Merci Pau'... Merci d'être aussi réconfortante.
- C'est normal. Je suis là pour ça.
Elle entoura ma taille de ses bras. Elle semble si frêle et fragile. Je dois la protéger, l'aider si elle a besoin... Etre sa s½ur quoi ! Elle soupire.
- Escape to the stars, Feeling so free... Ah si seulement c'était vrai.
Je lui colle un bisou sur la joue pour qu'elle sorte de sa mini déprime. Je regarde le ciel. Au loin, les nuages sont de plus en plus menaçants. Quand ça va péter... Quand je pense que Maman voulait de l'aide pour repiquer je sais plus trop quoi dans le jardin. Ce sera pour une autre fois, je pense. En plus, j'aime pas particulièrement jardiner alors...
- Il faut rentrer Evy, il va pleuvoir...
- Hum... C'est quelle heure ?
- Euh... Bientôt cinq heures.
- Arf... L'infirmière et ses piqûres à la noix !
- Ne jure pas Evy. C'est mal.
- Je sais... Pardon.
- Ce n'est pas grave, là, c'est moi. Mais si c'était quelqu'un d'autre...
- Oui.
On quitte avec regret notre petit banc. Puis on retourne vers la 402. On rentre dans la chambre, Papa et Maman sont assis et discutent. Evy va s'installer sur les genoux de Papa, il sourit. Puis c'est au tour de l'infirmière d'arriver dans la chambre. Elle invite Evy à s'allonger dans son lit pour moins sentir la douleur.
- Donne-moi la main Maman.
Ma mère s'exécute. On sait tous ici qu'elle a horreur des aiguilles. L'infirmière fait son travail, puis s'en va en souriant. Ma s½ur ouvre à nouveau les yeux, elle grimace.
- J'ai... me pas.
- Je sais ma Puce. Je sais...
- Euh, chérie... Le maçon dit mon père en montrant sa montre à Maman.
Maman embrasse Evy, puis c'est au tour de Papa. Ils passent la porte et me regarde. Ils semblent m'attendre.
- Allez-y, je vous rejoins.
- Ne tarde pas trop.
- Oui.
Ils s'en vont. Je m'assois sur le lit de ma s½ur et je lui caresse le visage.
- Ne t'inquiète pas pour tes rêves... Ils se réaliseront. Et je t'aiderai...
- C'est vrai ?
- En tout cas, s'ils sont faisables... Je ferai tout pour.
- Merci =')
- De rien. Alors, réfléchi bien Evy.
- Oui, je comprends.
- Allez, j'y vais Miss. Les parents vont m'attendre... Je reviendrai Mercredi. D'ici là, si tu as choisi tes rêves, appelle-moi.
- Bisous, je t'adore fort.
Je quitte sa chambre après l'avoir embrassé. Je ferme la porte derrière moi. La voiture m'attend sur le parking. Je monte à l'arrière. Il commence à pleuvoir violemment. Les essuie-glaces fonctionnent à plein régime. J'espère qu'Evy n'a pas trop peur des éclairs et du tonnerre... Je regarde Maman. Elle a l'air tendue, Papa aussi d'ailleurs... Qu'est-ce qu'il ce passe ? Je parie que c'est à cause de leur discussion de tout à l'heure... Je me demande ce qu'il ont bien pu se dire...
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Juste un petit Coucou =).
J'espère que ce chapitre vous plait. Si ça ne vous plait pas je m'en excuse, mais il faut savoir que cette Fiction, je ne l'ai pas conçue dans le but qu'elle soit gaie. Agréable à lire mais pas joyeuse. Si le thème abordé gène quelqu'un, il vaut mieux arrêter de lire tout de suite : Ca va être de pire en pire tout au long de la Fic'... Mais si vous aimez tant mieux, j'vais pas me plaindre ^^.
Donc pour le prochain chapitre je voudrais 1oo Commentaires, la suite est déjà tapée =).
Bonne soirée, Keep your Dreams real. (j'adore cette phrase... *-*)